L’Eihei Kōroku est une collection de dix volumes d’œuvres de maître DōgenEihei Dōgen (1200–1251), disciple de Tiantong Rujing..
La majeure partie du recueil (volumes 1 à 7), est constituée de jōdō (discours formels dans les salles du Dharma) prononcés de 1236 à 1252.
Certains jours du mois ou de l’année, les moines se rassemblaient dans la salle du dharmadharma
Le terme a de multiples sens — norme, loi, doctrine, chose, objet mental, phénomène… (hattō), se mettaient en rang, debout, les uns face aux autres. Le maître montait alors en chaire — en fait sur l’immense autel au centre du pavillon — et faisait un court sermon. Dans ses propres montées en salle, DōgenEihei Dōgen (1200–1251), disciple de Tiantong Rujing. suit la forme traditionnelle de ce genre de prêches. Les sermons s’appuient généralement sur des kōans, des histoires zen, mais font aussi référence à des circonstances particulières, des souvenirs de DōgenEihei Dōgen (1200–1251), disciple de Tiantong Rujing., etc. Ils sont brefs et empreints de théâtralité ou de dramaturgie. Dans ce format très conventionnel, DōgenEihei Dōgen (1200–1251), disciple de Tiantong Rujing. sait faire preuve d’humour, de verve et de poésie.
Le volume huit se compose de shōsan (discussions informelles) qui auraient eu lieu dans les quartiers de DōgenEihei Dōgen (1200–1251), disciple de Tiantong Rujing. avec des groupes de moines sélectionnés, ainsi que de hōgo (mots du Dharma) c’est-à-dire des lettres contenant des instructions adressées à des disciples spécifiques. Le volume neuf est une collection de 90 kōans traditionnels commentés en vers par DōgenEihei Dōgen (1200–1251), disciple de Tiantong Rujing., tandis que le volume 10 rassemble sa poésie chinoise1.
Contrairement à l’autre œuvre majeure de DōgenEihei Dōgen (1200–1251), disciple de Tiantong Rujing., le ShōbōgenzōShōbōgenzō (Le Trésor de l’œil de la vraie loi) de Eihei Dōgen. « Le Trésor de l’œil de la Vraie Loi », recueil de textes de Dōgen abordant une vaste gamme de sujet. L’essence de son enseignement, destiné à ses disciples., rédigé en moyen japonais tardif vernaculaire, l’Eihei Kōroku est écrit dans la version japonaise du chinois classique, connue sous le nom de kanbun.
Les essais qui constituent le ShōbōgenzōShōbōgenzō (Le Trésor de l’œil de la vraie loi) de Eihei Dōgen. « Le Trésor de l’œil de la Vraie Loi », recueil de textes de Dōgen abordant une vaste gamme de sujet. L’essence de son enseignement, destiné à ses disciples. ont pour la plupart d’entre eux été achevés avant 1244. Après cette date, qui coïncide presque avec le déménagement de DōgenEihei Dōgen (1200–1251), disciple de Tiantong Rujing. de Kyoto à Eihei-ji, il donne 405 des 531 jōdō rassemblés dans l’Eihei Kōroku, ce qui indique que DōgenEihei Dōgen (1200–1251), disciple de Tiantong Rujing. a peut-être fini par préférer le format jōdō au style jishu utilisé dans les essais du ShōbōgenzōShōbōgenzō (Le Trésor de l’œil de la vraie loi) de Eihei Dōgen. « Le Trésor de l’œil de la Vraie Loi », recueil de textes de Dōgen abordant une vaste gamme de sujet. L’essence de son enseignement, destiné à ses disciples..
Les enseignements de l’Eihei kōrokuEihei kōroku (Recueil des enseignements de Eihei Dōgen) de Eihei Dōgen. étaient directement adressés par DōgenEihei Dōgen (1200–1251), disciple de Tiantong Rujing. à ses disciples immédiats. Ils nous en disent long sur la personnalité de DōgenEihei Dōgen (1200–1251), disciple de Tiantong Rujing., son style d’enseignement, son humour et même ses états d’âme.
Extraits
(La numérotation reprend celle de l’édition en anglais de Leighton & Okumura)
La vitalité d’hishiryōhishiryō
Hi (préfixe de négation) « au-delà » et shiryō la pensée cursive.
Un jour, Maître YaoshanYaoshan Weiyan (745–828), disciple de Shitou Xiqian. est interrogé par un moine : « Maître, vous faites zazen comme si vous étiez un roc, une montagne paisible. Mais, à quoi pensez-vous ? » YaoshanYaoshan Weiyan (745–828), disciple de Shitou Xiqian. répondit : « Je pense du tréfonds de la non-pensée. » Le moine : « Comment faites-vous pour penser du tréfonds de la non-pensée ? » YaoshanYaoshan Weiyan (745–828), disciple de Shitou Xiqian. répondit : « Hishiryō. »
Maître DōgenEihei Dōgen (1200–1251), disciple de Tiantong Rujing. dit : L’esprit existant a déjà dépéri. Le non-esprit n’est pas encore apparu. Dans la vitalité de cet instant, la pureté est suprême.
488 — Le cyprès dans le jardin
Un moine demanda à Maître ZhaozhouZhaozhou Congshen (778–897), disciple de Nanquan Puyuan. : « Quel est le sens de la venue de l’Ouest de BodhidharmaBodhidharma (440?–536/554), disciple de Prajñātāra. ? ». ZhaozhouZhaozhou Congshen (778–897), disciple de Nanquan Puyuan. a répondu « Le cyprès, ici, dans le jardin. » Le moine dit alors « Maître, n’utilisez pas les objets pour enseigner aux gens. » Et ZhaozhouZhaozhou Congshen (778–897), disciple de Nanquan Puyuan. de lui répondre : « Je ne suis pas en train d’utiliser les objets pour enseigner aux gens. » Alors le moine redemanda : « Quel est le sens de la venue de l’Ouest de BodhidharmaBodhidharma (440?–536/554), disciple de Prajñātāra. ? ». Et ZhaozhouZhaozhou Congshen (778–897), disciple de Nanquan Puyuan. répondit « Le cyprès, ici, dans le jardin. »
Commentaire de DōgenEihei Dōgen (1200–1251), disciple de Tiantong Rujing.
Les pratiquants d’aujourd’hui ne comprennent pas ce que veut dire ZhaozhouZhaozhou Congshen (778–897), disciple de Nanquan Puyuan. et n’étudient pas ses mots, nous devons être profondément désolés pour eux. Quelqu’un a dit que ZhaozhouZhaozhou Congshen (778–897), disciple de Nanquan Puyuan. a d’abord dit « Le cyprès dans le jardin », et a répété « Le cyprès dans le jardin » uniquement pour empêcher le moine de créer la moindre compréhension. Un autre a affirmé que tous les mots sans exception exposent le Zen, et c’est pourquoi il a utilisé deux fois la même phrase « Le cyprès dans le jardin ». De telles personnes sont aussi nombreuses que des grains de riz, et bien qu’elles tentent de rattacher leur rêve de printemps aux mots de ZhaozhouZhaozhou Congshen (778–897), disciple de Nanquan Puyuan., elles n’y parviennent pas.
À supposer qu’on me demande à moi, Eihei, « Quel est le sens de la venue de l’Ouest de Bodhidarma ? », je lui répondrai : naviguer sur les lointaines vagues bleues pendant trois ans.
Et si on me dit « Maître, n’utilisez pas les mots pour enseigner aux gens. » Alors je répondrais : « Je n’utilise pas les mots pour enseigner aux gens. » Et si on me dit « De quelle façon répondez-vous sans utiliser les objets pour enseigner aux gens ? » alors je répondrai :
Quand vous remuez la main, vous touchez le Dharma. Lorsque vous vous retournez, c’est le Dharma qui se manifeste. Quand vous rejetez tout et n’êtes plus attachés à rien, c’est le Dharma impeccable.
Alors ne faisant plus qu’un avec l’œil de Bouddha, votre œil de bouddha s’ouvre subitement. À cet instant même, la terre de Bouddha est sur votre visage.
Alors que le Sanshōdei est un recueil de poèmes écrits en japonais.